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 Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.

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Alyciane

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MessageSujet: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Lun 5 Mai - 18:24

..... ou 5 minute dans la tête d'un dangereux psychopate! Laughing

Voici le premier chapitre de la derniere nouvelle qui constitera le tryptique "Les Enfants d'Or", edité dans une asso... quand je l'aurai fini ^^; (j'ai interet à le rendre avant Juin sinon c'est peut-être annulé XD)

Un vrai méchant, pour de vrai, et en plus en personnage principal! Entre cauchemard et séduction morbide.... Shocked Rien que pour vous! Laughing



Chronique d’un Assassin


Chapitre 1
L’araignée au scalpel


« Grâce aux nombreux récits trouvés dans les ruines de Tamber, capitale culturelle du second Empire, la reconstitution de cette époque lointaine se précise. A l’aube des troubles de 786, les populations vivaient dans un contentement aveugle. Gouvernés par la noblesse au pouvoir, c’était dans les Cours que se jouaient d’intestines guerres. L’effondrement des Empires serait sans doute dut à ces manipulations de couloirs, mais les chercheurs restaient prudents quand aux méthodes employées. Cependant, il y a trois jours, une équipe de fouille fit une découverte importante : des lettres enfermées dans des fourreaux de métal. L’écriture, encore lisible grâce à la protection inespérée, révèle enfin une partie de cette époque passée.
Ces lettres décrivent de sombres accords entre des nobles et des assassins, recrutés dès leur plus jeune âge dans la basse couche de la population. Les plus hauts gradés ne semblaient pas hésiter à faire appel à leur service pour garder leur suprématie, mais aussi pour rétablir l’ordre. Ces assassins, venu de rien, étaient craints et respectés ; les meilleurs ayant libre accès à toutes demeures. Certains noms semblent célèbres et sont cités plusieurs fois dans les documents trouvés, révélant l’emprise que ces soldats de l’ombre pouvaient avoir sur leurs supérieurs. […]
On peut alors confirmer dès à présent qu’à cette époque, la mort d’un noble était dut une fois sur trois à un assassinat. »

Extrait de « La Chute des Empires »
Par l’archéologue Hars Menden
.


Opération échouée : l’hémorragie interne provoqué par l’incision de la face droite du cœur a entraîné le décès du patient. Je m’éponge les mains en soupirant. Je n’avais rien pu faire, les convulsions commencées dès le début de l’opération ne m’ont pas permis de rester précis. Un coup, un seul, et mon outil a ripé sur l’artère pulmonaire. Quelle tragédie ! Une pitoyable perte de temps. Je me remémorais alors d’un air sinistre le début de cette affaire : j’aurais du refuser. Je fixais le corps flasque de l’homme allongé sur la table, dégoulinant de graisse et de sang. A peine 10 minutes de jouissance pour cette fin ennuyeuse ; vraiment pas de quoi rire longtemps. Je sortis de la pièce pour aller me laver, agacé.
Pourtant, on m’avait fait baver sur cette histoire. Facile, c’est vrai ; mais ô combien prometteuse. Un bon gros noble paranoïaque, il y a toujours de quoi s’amuser ! J’avais donc accepté avec enthousiasme de m’occuper de lui. Et, dans l’ombre j’avais suivi sa trace, son odeur âcre de porc trop gâté. Je m’étais présenté à sa demeure, une belle bâtisse de pierres blanches et de granit, faisant la cour à la servante de garde. Tout ce petit monde, habitants du manoir, était bouleversé et courait affolé dans les nombreux escaliers. Le majordome a disparu ! Le majordome est introuvable ! Quelle comédie pour un seul homme ; quelle triste fin pour celui qui travaillait fidèlement ici depuis plus de 30ans. J’attrapai la main de celle qui m’avait ouvert et l’embrassai en souriant.
« Belle demoiselle, veuillez donc annoncer la visite du nouvel homme de maison.
-Pardon… ? Comment pouvez-vous savoir que nous cherchons… »
Elle hésita, rougit à mon regard. Je la senti trembler. Vaincue, elle hocha la tête et disparue rapidement dans l’encadrement de la porte. Elle revient enfin, essoufflée, et m’invita à rentrer.

C’est ainsi que je devins son nouveau majordome : un peu classieux certes, mais tout ce qu’il y a de plus servile. On ne me posa même pas quelques questions sur mon incroyable perspicacité : mon prédécesseur fut retrouvé le lendemain, flottant dans la rivière. Il s’était pris pour un poisson et avait piqué du nez. J’éclatais de rire en voyant ses joues gonflées, ses lèvres bleues : il avait tout d’un animal aquatique. Rond comme une baudruche, ils durent se mettre à quatre pour le tirer de l’eau. Le quartier entier était venu voir le spectacle de cette pêche miraculeuse, et je restais un peu plus loin à admirer les réactions hystériques. C’était toujours les même, à chaque cadavre découvert. Ces sourcils froncés par les hommes sérieux, contenant leur dégoût de l’odeur rance, ces mains gantées couvrant des bouches maquillées et grande ouvertes, n’arrivant pas à taire les gémissements des dames. Et les blagues grasses des grouillots contaminant les rues de toutes citadelles. J’en fixait un, plutôt jeune, qui se cachait derrière la populace. Je lui souris, montrant toutes mes dents. Il me répondit par un regard terrorisé puis s’enfuit en courant : ces gosses des rues ont tellement l’habitude d’être invisibles qu’ils en devenaient farouche. Je frémis de plaisir quand l’odeur de sa peur m’arriva aux narines. Légèrement enivré, je m’écartais alors lentement pour retourner au manoir seigneurial. Tout était sens dessus dessous, les larmes inondant les joues des employés de maison. Je soupirai, commençant à me lasser de cette tristesse collante, et me dirigea d’un pas joyeux vers le bureau du maître. Je l’y trouvais ronflant, la tête posée sur le bois luxueux de son meuble. Il n’avait en rien l’air d’être déboussolé par la perte de son fidèle valet, et ne fut pas surpris quand je le réveillai d’une tape amicale.
« Ha, c’est toi ? grogna-t-il.
J’hochais la tête en feignant un air sombre.
-Messire, je ne peux que vous appuyer face à la tristesse qui vous accable. Votre fidèle serviteur, à votre service depuis tant d’années, à été retrouvé noyé.
Je me mordais la lèvre pour ne pas rire et contemplais sa face simiesque.
-Oui, oui, répondit-il enfin d’un ton renfrogné. Quelle plaie, à quelques jours de la grande réception annuelle ! Il faut croire qu’il l’a fait exprès.
Je fis un petit sourire, amusé par son égoïsme, puis fis une élégante révérence.
-Vous savez que vous pouvez compter sur moi, messire. Une réception n’est qu’un petit défi pour votre nouveau fidèle majordome.
Il leva les yeux comme on se tournait vers son sauveur :
-Par les grâces de l’Empereur, c’est vrai ! Qu’aurais-je fais si nous ne t’avions pas trouvé si vite ? Je compte sur toi pour que tout soit parfait.
J’engageai un grand sourire, ravis.
-Ne vous en inquiétez pas, tout sera parfait.
Il ne remarqua pas mes yeux luisant de malice, et me donna rapidement congé en toussant bruyamment, reniflant et raclant le font de sa gorge.
Je marchais paisiblement dans le couloir, hérissé encore par ses borborygmes répugnants. Ce noble n’avait non seulement pas une once de prestance, mais n’avait en plus aucune tenue. Un animal au sang trop bleu qui profitait de son or : la honte de tout un royaume. Mais ce n’était pas seulement pour ça qu’on m’avait demandé de le tuer ; je remarquai vite qu’il avait, en plus d’être médiocre, l’habitude de n’en faire qu’à sa tête. Quelle fut ma surprise quand je vis la première fois, dans la lumière terne du petit-jour, une jolie jeune fille perdue entre ses bras graisseux. Etendus tout les deux sur le lit à baldaquin, elle semblait empêtrée, étouffée par l’homme qui faisait au moins quatre fois sa largeur. Dès quelle me vit, elle lança un regard de souris pris au piège qui me ravit. Délicieux tableau que cet oiseau égaré me fixant de ses beaux yeux d’opales. Comment cet homme qui ronflait devant nous avait-il pu se l’accaparer ? Je l’appris de la bouche d’une servante trop bavarde : elle était sa nouvelle femme, butin de guerre d’un mariage plus ou moins arrangé. Plus ou moins car il n’avait pas pris la peine de demander l’autorisation à toute la famille de la dite concernée. Un caprice de noble, encore, qui allait lui coûter cher.
Les raisons qui poussent mes clients à m’engager ne m’intéresse pas : ils ne valent eux-mêmes pas plus et pourrais être un jour ma cible. Mais plus ma victime me dégoûte, et plus j’ai envie de jouer et de lui faire payer. Une haine pour tout ce qui me gêne. Chose amusante d’ailleurs, je réagis de la même façon avec aussi ce que j’aime : une subite envie de la détruire, de l’arracher, de la torturer. La seule différence est le plaisir que j’en tire : soit sucré, soit amer. C’est le but de ma vie ; c’est pour ça que je suis un assassin.
Enfin, pour le moment, je n’étais que majordome au service de mon bon maître le bovin. L’organisation de la fête qui lui tenait à cœur me permis de m’approcher de ses plus intimes ennemis : les premiers invités. Car quoi de mieux que de faire venir les pires persifleurs à la démonstration de son pouvoir pour leur clouer le bec ? A part un vrai clou, bien sûr… En tout cas, c’est l’occasion pour connaître les faiblesses d’un homme. Je pris donc autant d’entrain aux préparatifs qu’à espionner, traînant dans les recoins sombres des demeures aristocratiques. Cela me faisait rire de voir les gens de maison, créatures spécialement impressionnables, frissonner à chacune de mes rondes. Une chose était sûre : je n’étais pas seulement respecté, mais indéniablement craint. Moi si poli, si doux… Peut-être devrais-je mesurer mes rires et mes pulsions. Cela ne m’inquiétais pas outre mesure et ne faisait que me divertir : une langue peut se couper si facilement.

Par delà les noirs couloirs, il n’y avait pas que les rumeurs qui résonnaient. Entre les rires des servantes et les notes de violon sortant de l’auditorium, claquaient dans l’air les crises de toux de mon maître. Il s’y étouffait souvent et ses couinements couraient sur les murs, rampaient désagréablement jusqu’à nos oreilles. C’était le sujet principal de moquerie de sa seigneurie. Je demandais d’un air inquiet à une jolie brune portant un panier de linge :
« Notre bon sire serait-il malade ?
Elle coupa son rire qu’elle partageait avec une amie et me jeta un regard méfiant. Enfin, elle haussa les épaules en souriant.
-C’est comme toujours : il a juste une bronchite mais il en fait tout un plat !
-Tout un plat ? continuai-je en lui attrapant son panier, l’emprisonnant en m’appuyant contre le mur.
-Oui... Il… A chaque fois c’est pareille : dès qu’il attrape quelque chose, il laisse aggraver et se plaint.
J’approchais mon visage du sien en souriant, sentant son souffle effrayé sur mes lèvres.
-Mais pourquoi n’appelle-t-il pas simplement un docteur ?
Elle haussa les épaules encore et s’échappa de mes bras.
-Je… Je n’en sais rien, il n’en appelle jamais. Parait qu’il déteste ça. »
A ces mots, sa compagne lui tira le bras et elles s’enfuirent l’air de rien, me laissant amusé. Planté au milieu du couloir, pensif, j’imaginai le petit jeu qui allait enfin faire de ce contrat une sanglante œuvre d’art. Je ne comptais pas passer des années dessus, et la faille semblait se révéler. Je m’écartai alors d’un pas lent, retirant d’un coup de dent l’un de mes gants, ne pouvant retenir un rire satisfait.

Le jeu des mots m’a toujours intrigué. Le dieu de la parole, assez fou pour nous donner son pouvoir, à jeté sur notre table les rouages de notre vie. Quelle singularité de se reconnaître dans quelques lettres, des bruits qui flottent dans l’air pour disparaître. Quelle ironie, aussi, pour mes victimes : la « toile » n’est-elle pas à la fois ce fascinant piège de soie, mais aussi l’expression du peintre dans toute sa démence ? Car ma toile, à moi, serait les deux à la fois ; sauf que je ne peins pas avec de la vulgaire peinture, mais avec la peur des hommes.
Et ce sont mes couleurs à la main que je me dirigeais sans bruit vers la chambre de mon maître. On l’entendait ronfler par delà la porte de chêne, et je le savais seul. Cette nuit, sa petite femme avait décidé de dormir dans l’une des chambres d’été et l’avait laissé se morfondre sous sa couette, avec ses éternuements et ses grognements. De mes ongles, je grattai le bois de l’entrée : il ne semblait pas broncher. Je souris alors, et me glissai comme une ombre à l’intérieur de la pièce. Il dormait paisiblement, étalé de tout son long sur le lit. J’eu un haut de cœur en le voyant, une forte envie d’ouvrir en deux sa masse ventripotente. La main devant la bouche, tous mes muscles tremblaient. Je repris mon calme, puis rouvrit les yeux en écartant mes doigts. Je souris alors : je ne devais pas me précipiter. Me rapprochant de la table de chevet, je retiens ma respiration pour ne pas suffoquer à l’odeur lourde de transpiration. Je sortis alors rapidement le flacon de ma poche et l’ouvris sans bruit, humant le parfum antiseptique s’y dégageant. Mon maître devait l’avoir sentis aussi et remua en gémissant. Je n’y pris pas garde et continuai mon petit rituel, attrapant au font de ma poche un mouchoir. J’humidifiai le tissu et le glissai enfin sous l’oreiller. Peu satisfait, je me mordis la lèvre en réfléchissant : comment pouvais-je donc épicer le tout ? Soucieux, je sortis enfin de la pièce, à l’affût.


Dernière édition par Alyciane le Mer 16 Juil - 2:18, édité 1 fois
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Evolvana

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Lun 5 Mai - 20:45

Tu as vraiment un très bon style, tu décris vraiment bien les psychopathes et ce qu'il se passe dans leur tête! et la victime, la description est vraiment super, ça fait bourgeois gras et égoïste qu'on a nous aussi envie de buter Twisted Evil
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xaphan

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Lun 5 Mai - 21:18

rhôôôô, porquoi tant d eviolence sur ce forum !
pense aux âmes sensibles Laughing
Nan, c'est vrai que tu écris vraiment bien, j'aime beaucoup ton style.
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Alyciane

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Lun 5 Mai - 23:43

Merci beaucoup!! Embarassed

Le plus delicat quand tu met un mechant comme personnage principal, c'est qu'il doit resté interessant, voir même charismatique, malgré sa pourri-attitude XD Sinon les lecteurs ne veulent plus lire!! ><

Mais je rassure tout le monde, Senril n'est héro que dans la derniere nouvelle! Dans la premiere, c'est un fier guerrier, dans la seconde c'est omniscient (mais le héros est plus ou moins un petit jeunot qui rate tout dans sa vie XD)
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Alyciane

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Mer 7 Mai - 17:38

Bah alors? moi je veux plus d'avis, de réaction!!! Trop de lettres pour que vous vous donniez la peine de la lecture? Razz
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uriko

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Mer 7 Mai - 17:49

tu peux me félicitez j'ai tt lu XD perso j'aime bcp, on ressent bien le sadisme et le plaisir meurtrier du perso ^^ il est d'ailleurs tres charismatique, on accroche bien Smile
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Alyciane

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Mer 7 Mai - 18:34

Mercu uri d'avoir lu!! cheers Et je suis bien contente de n'avoir pas fait perdre ton temps Embarassed Very Happy
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Alyciane

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Mar 8 Juil - 20:42

Moi j'aimerais bien l'avis des jeunes voir ce qu'ils en pensent! Very Happy
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Elin@

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Mer 9 Juil - 0:06

Coucou !

Ah, je suis une jeunette moi, je peux donner mon avis ? xd

Vraiment, je sais que ça va faire répéter, mais tu as vraiment un très bon style, parce que c'est très agréable à lire, très fluide, et en même temps, tes mots sont recherchés, tes tournures de phrases, tes figures de style, c'est tout simplement remarquable je trouve, parce qu'en plus ça libère l'imagination, en lisant ton texte je me représente vraiment bien les personnages, l'ambiance, et les décors, même s'ils sont moins détaillés, arrivent d'eux-mêmes dans ma tête, ce qui prouve donc que tu écris vraiment bien Very Happy . Sincèrement j'adore ton style !

Ensuite, parlons de l'histoire en elle-même. Je trouve ça très intéressant de choisir le point de vue d'un psychopate vil, pervers, cruel, vicieux, pernicieux et profondément sadique (n'ayons pas peur des mots !) dans une histoire, et c'est un sacré pari parce que comme tu l'as dit, avoir comme "héro" ce genre de personnage doit demander une analyse profonde et détaillée de son caractère et de sa personnalité pour qu'il soit charismatique et, je ne dirai pas "attachant" avec un pourri pareil mais qu'il arrive à captiver notre attention et que malgré le profond écoeurement qu'il suscite en nous (totalement humain et logique à moins d'être comme lui niark niark Twisted Evil ), on ait malgré tout envie de le suivre dans son raisonnement meurtrier et de savoir ce qu'il va penser, comment il va réagir etc...Bref, avoir ce type de perso pour "héro" est tout un un art et tu t'en tires à merveille, vraiment ! Lorsque je lis cette histoire, je retrouve bien tout ce que je viens de dire , tu arrives bien à rendre ce perso accrocheur malgré sa "pourri-attitude" comme tu le dis si bien...
Et je dois reconnaître que lorsqu'on lit la description de celui qu'il doit assassiner (gros porc bourgeois égoïste, égocentrique, misanthrope et hypocondriaque de surcroît) on lui pardonnerait presque son acte et c'est limite si on ne lui passerait pas le couteau pour l'égorger (oulà je me révèle profondément sadique moi aussi ! xd).
Donc, sincèrement bravo, quand je lis ça je sors avec bonheur du registre pathétiquement bas et peu recherché des autres adolescents (et même parfois de certains adultes) et ça fait un bien fou ! Merci beaucoup !

Oups, j'ai encore beaucoup blablaté, pardonne-moi...Embarassed Mais bon, quand on me demande un avis j'y vais en profondeur ! (pathétique excuse, j'en ai conscience...)

Bon et bien gros bisous et encore bravo ! (et contente également de t'avoir vu à Épita !)

(Encore une petite parenthèse : j'ai eu mon brevet avec mention très bien ! Je suis super contente !!!!! Very Happy Et bravo à Cécile qui l'a eu aussi, sans grande surprise vu son niveau, avec mention très bien !!!! flower )
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Alyciane

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Mer 9 Juil - 0:42

Ouach, ça c'est du commentaire! *_* ca ne m'etonne pas venant de toi XD

Et baaaaah je suis drôlement touchée... j'avais peur d'un peu choquer (deux morts des le premier chapitre, les suivant arrivent juste apres.... ca fait peut-être bcp ^^)
En effet, sa premiere proie se devait d'être detestable, sinon j'aurais mis le lecteur dans une situation trop delicate de conflits moraux XD Il a aussi un humour tout à fait particulier qui fait passer pour tout à fait normal les pires mauvais coup... Laughing

Merci bcp pour ce message détaillé Smile

Heuuu hesitez pas à dire ce qui vous plait pas hein XD Je le prendrais pas mal lol

PS: bravo pour ton brevet!! Et Cécile aussi Wink Mais étrangement, ça ne m'étonne pas :p
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sani

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Ven 11 Juil - 11:27

ça y'est j'ai tout lu (en fait je n'avais pas vu ce nouveau topic, honte à moi Embarassed )

et bien moi ; j'adore =) je suis assez sadique dans l'âme également lool et en fait j'aime beaucoup tes histoires morbides et tout^^ et tu écris vraiment très bien ce qui plonge plus facilement dans l'ambiance et dans l'histoire =D si tu veux bien j'aimerais également te faire lire ce que j'ai fait? j'aimerais beaucoup que tu me dises ce que tu en penses! =) (mais c'est un peu long ^^")


[ et bravo les filles!! de toute façon ça ne m'étonnes pas de vous, rien que sur le forum vous vous exprimez de façon construite et claire je trouve, je suis épatée par vos commentaires à chaque fois ^^ )
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Alyciane

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Ven 11 Juil - 20:31

Mais c'est pas morbide rhoooooooo XD Oui n'hesite pas. Je ne pourrais peut-être pas lire desuite, mais dès que j'ai un peu de temps, hop j'y jetterais un oeil Wink
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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Ven 11 Juil - 21:25

ah désolée par morbide je voulais dire avec un sujet qui aime bien traiter de mort non naturel au fil de l'histoire xD

oki je t'enverrais le fichier par mail alors (si tu veux bien me donner ton adresse, en changeant de session msn il y a des adresses qui n'ont pas suivies ^^") et merci =)
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Alyciane

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Ven 11 Juil - 21:27

nemesisalyciane@hotmail.com Razz (j'adore le "traiter de morts non naturelles" XDDD
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sani

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Ven 11 Juil - 21:38

thanks a lot (je suis fatiguée je commence à parler anglais ^^)


ui je trouvais ça plus mignon que 'meurtre' xD
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Evolvana

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Ven 11 Juil - 23:51

Je ne sais pas si je devrais poster mes écrits ici. T'en penses quoi Aly? c'est un peu long à poster non? et puis déjà que c'est dur de motiver les gens à commenter les dessins, alors les écrits... x_x
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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Sam 12 Juil - 16:23

ben moi je veux bien lire ce que tu fais! =)

mais effectivement sur les fofo c'est un peu dur si c'est trop long, je préférerais que tu me les envois comme ça je peux les lire tranquilement =) (surtout que mon net bug tout le temps, j'ai du mal a me connecter TT.TT)
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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Sam 12 Juil - 20:48

C'est gentil! Smile je t'ai envoyé un mp ^^
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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Lun 14 Juil - 22:22

Eeeet oui, c'est pour ça que j'ai mis qu'un extrait! Les gens, tant que t'es pas édité, trouvent que c'est "un cadeau de leur part" de donner quelques minutes de leur temps pour lire des travaux qui nous prennent des journées, des semaines, voir des mois de boulot. C'est comme ça Razz
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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Mer 16 Juil - 1:34

aly si tu n'as mis qu'un extrait c'est qu'il y a une suite?? (ou un début^^)

parce que moi ça m'interesse ^^

(jsuis en train d'écrire un truc bien noir aussi, je crois que t'aimerais assez lol)
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Alyciane

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Mer 16 Juil - 1:57

Il y a un debut et une suite. Ou plus exactement deux nouvelles avant celle-ci (d'un style different) ainsi que la fin de celle-là ^^ Qui seront (peut-être) un jour editées quand j'aurais ENFIN fini XD

Mais allez, soyons fou, voici le chapitre deux (âme sensible s'abstenir) Laughing
Chapitre 2
L’opération



« Il est dit, à l’aube des mondes, tombèrent dans la poussière quatre étoiles. Divines lumières, elles créèrent les peuples ; leur apportèrent connaissances, paix et prospérités. Ainsi commence alors la légende des Quatre Empires.
A l‘Ouest s’étendait la plaine de la Déesse Arinie, couverte de grâce et de beauté. Sa chevelure d’or avait engendré les blés, sa peau blanche le lait, et aucune maladie ne pouvait sévir sur ses terres. Son charme n’avait d’égal que sa bonté, et quiconque la regardait en devenait aveugle. C’était la créatrice des plaisirs, sous toutes ses formes.
A l’Est régnait le facétieux Lok, le malin, le fourbe même. Ombre céleste, personne ne sut son vrai visage. Il fit naître ses sévères enfants, si différents de lui, et les laissa grandir à leur guise. Et du chaos vint le calme, de la ruse l’honneur. Lok, en voyant que cela était bon, éclata de rire et se laissa renier.
Au Sud vivait Tamor le colosse noir, fait de terre et de lumière. Paisible et discret, il s’ennuya de sa nouvelle demeure. Il plongea alors dans les entrailles du monde et s’y réfugia. Naquit ainsi les mouvements et le cœur battant de la Terre, primordial tumulte.
Et enfin, au Nord, galopait au long des rivières gelées Dirin, le Cheval Divin. De sa crinière vint la neige, de l’écume de son museau les nuages, et de ses sabots l’acier. De ces trois ingrédients vinrent alors d’autres enfants qui s’installèrent dans le désert de glace. »

C’est ainsi que les anciens racontent la division primaire de notre monde en quatre royaumes distincts. Cette légende expliquerait sans doute les étranges pouvoirs que possèdent encore certains humains. Aujourd’hui dilué par le sang de nombreuses générations, il était autrefois pur et puissant chez les nobles, enfants directs des dieux. Mais par l’inconstance de ces derniers, à force de coucheries inavouées, même de simples roturiers se retrouvaient possédés par la puissance céleste. Et ce, jusqu’à la chute de la noblesse…
Extrait de « Mythologies et Vérités»
Par l’archéologue Hars Menden



Un cri retentit, raisonna sur les murs épais de la bâtisse. Mon cœur se serra quand j’imaginai le tumulte naissant. J’attrapai ma chemise en m’étirant et l’enfilai rapidement, remettant en ordre ma chevelure de mes doigts. Par-delà les fenêtres, le soleil jetait timidement quelques rayons maladifs, éclairant faiblement la maisonnée. Enfin, je me dirigeai d’un pas lent vers la chambre du maître, évitant les servantes affolées courant dans les couloirs. J’ouvrai d’un coup la porte, sans annoncer mon entrée pour profiter au mieux de la scène.
Il était sur son lit, recroquevillé comme un enfant. Le visage plongé dans les draps sans arriver à étouffer ses gémissements de terreur, il serrait la couverture de toutes ses forces. J’humai l’air imprégné, frémissant de plaisir, jetai un œil satisfait sur les organes humains que j’avais laissé aux pieds du lit. Puis mon regard retomba enfin sur cette pauvre créature : ma petite surprise avait remarquablement bien marché.
D’une voix douce et rassurante, j’osai enfin :
« Mon maître, que se passe-t-il ?
Il leva la tête, les joues maculées de larmes et les yeux vides.
-Ne le laisse pas m’emmener ! Non ! Je ne veux pas ! Ne le laisse pas !
Il éclata en sanglot, rampant jusque par terre en me tendant une main suppliante. Je ne pu m’empêcher un air de dégoût qu’il ne remarqua même pas. C’était vraiment un gamin qui grelottait à mes pieds, nu et empêtré dans une phobie ridicule. Il était à point. Je me penchai alors lentement vers lui, lui sourit tendrement en lui posant une main paternelle sur la tête.
-Ne vous inquiétez pas Maître, je ne laisserais pas le vilain docteur vous faire du mal…
-Oui ! Tu le dois ! Ne le laisse pas ! Je ne veux pas !
Il m’attrapa, me serra de toute sa poigne en pleurant. J’eu envie de le faire taire, de l’étrangler pour lui faire rentrer ses plaintes dans la gorge. Alors je le serrai dans mes bras comme un nourrisson, et lui soufflai :
-Pas de vilain docteur...
Je masquai mon sourire satisfait quand enfin les serviteurs entrèrent. Sans faire plus attention à leur mine déconfite, je donnai mes ordres d’un ton sec.
-Enlevez ça… Et aérez donc !
Le servant dut faire le tour du lit pour voir de quoi je parlais. Il ne put retenir un cri horrifié : cœur, foi, rate, poumons, le tout bien disposé dans un joli plateau d’argent, s’épanouissaient dans leur bain sanguinolent. Les autres serviteurs le rejoignirent bientôt, s’agrippèrent pour ne pas flancher en se lançant des regards paniqués. L’un d’eux même, le plus jeune, sortit en courant la main devant la bouche et le cœur au bord des lèvres. Je suivi sa course vers la porte avec une satisfaction fébrile, puis déglutit. Ma petite aventure de l’autre nuit avait été prolifique.

On en avait parlé dans la ville entière. Certains criaient aux forces démoniaques, quand d’autres, satisfait par les mésaventures de ce bon messire, parlaient de fées. Enchanteresses voraces, qui avaient coûtés la vie à deux pauvres jeunes garçons d’écurie. Ils avaient été découvert attachés aux poutres de l’étable, dénudés et lacérés, le ventre ouvert avec grande minutie. Leur visage s’était figé dans une grimace horrifiée, tordant leur joli visage, laissant leur regard vitreux perdu dans un cauchemar sans nom.
Je marchais paisiblement dans la rue pavée, les mains dans les poches, reniflant de temps en temps les effluves âcres de quelques pestiférés. Nonchalamment, je lançai mon regard vers les quais, attiré par le chahut des déchargeurs, quand je le sentis sur mon dos, noir et insistant. Quelqu’un m’observait, se croyant sans doute à l’abri. Je ressentis alors le battement rapide de son cœur, une certaine haine aussi à moins que ce ne soit de la jalousie. Je levai la tête vers les toits en faisant un sourire amusé. Voulait-il jouer à cache-cache ? Il était sans aucun doute perdu : son pouls s’était encore accéléré. Je m’enfonçai dans une ruelle sombre et sauta lestement sur les ardoises d’une petite maison. Rapidement, je me dirigeai vers l’espion qui restait figé de peur. Je le trouvai tapis contre une cheminé, se donnant l’air assuré. Il fit un salut respectueux, voulant sans doute freiner mon envie de sang. Il fit bien, je laissai mes lames sous ma veste après une dernière caresse, et le regardai en souriant, prêt à l’écouter.
« Je viens de la part de votre employeur. Il tenait à savoir où vous en étiez, pourquoi vous tardiez autant. »
Sans nul doute, il m’abhorrait. Je penchais la tête sans répondre, plissant le regard.
« Voilà plusieurs semaines, et la cible est toujours vivante. Si jamais vous ne deviez pas respecter votre contrat….
-Si jamais ? »
Mon ton narquois souffla les dernières marques de courage de mon interlocuteur. Il posa sa main tremblante sur le pommeau noir de son épée, mais ne vit pas la mienne l’agripper, lui serrer la gorge. Il resta immobile, ne fit pas d’autres gestes menaçants. Sa prudence me ravie, me flatta presque. Alors, délicatement, je plantai mes ongles dans sa peau, dans sa chair, jusqu’au sang. Il poussa un léger grognement mais ne réagissait toujours pas. Satisfait, je le lâchai, léchant mes doigts pendant qu’il reprenait son souffle.
« Dis à ton maître que je n’en ai plus pour longtemps. »

++++++++++++++++++++++++++++++++
Plus pour longtemps, en effet ; je n’avais pas mentis. C’est que je m’étais lassé de mon petit jeu, n’y trouvant pas le plaisir que je souhaitais. Et si mon messire me donnait toute la peur que je désirais, ce plaisir qui me ravissait, c’était d’une facilitée trop déconcertante, trop morne pour que j’en jouisse parfaitement. Cette nuit, je l’avais choisis : c’était la fin. Je l’avais laissé mijoté dans sa terreur enfantine, m’y intéressant à peine comme un jouet cassé. L’espion de l’autre jour avait été plus amusant, plus raffiné aussi : une de ces surprises quotidiennes qui ne rendait mon métier que plus intéressant. Je l’avais d’ailleurs laissé partir, avec regret, espérant rapidement le revoir, le tuer peut-être. Il n’y avait aucun intérêt s’il ne se débattait pas.
Midi brillait de son zénith, alors que je me dirigeais vers les bas-fonds de la ville. Je ne savais plus quoi faire pour passer mon temps, accélérer le soleil pour qu’il tombe, accélérer mon cœur aussi. J’y traînai quelques heures, attiré par l’odeur des malfrats, le parfum piquant des prostituées. Eux ne me voyaient pas, et je passais comme une ombre, choisissant au hasard quelques proies, comme une maladie tombant sur les infortunés. Je ne suis pas du genre fermé, n’importe qui peut attirer ma lame si l’envie m’en prend. Je le faisais rarement, juste pour attiser ma flamme, comme un hors d’œuvre avant le spectacle. J’en profitais pour acheter d’autres outils, médicaux, plus coupant encore. Il est rare de nos jours de trouver des instruments convenant à mes attentes, et surtout résistant longtemps à mes folies nocturnes.

Je pénétrai sans bruit la demeure, me dirigeant directement vers le cabinet de mon maître. Plus à l’écart que sa chambre, décoré par de vastes miroirs richement gravés, il me semblait être l’endroit idéal pour exercer mes offices. Glacial à cette époque de l’année et malgré le retour d’un soleil timide, l’atmosphère et les dalles raisonnantes ne gagnaient pas en intimité une fois les chandelles allumées. C’était sans doute à cause de ces milliers d’yeux qui nous scrutaient dans les glaces, ceux des sévères statues de bronzes ; les miens aussi, répétés presque à l’infini.
Je portais à bout de bras une lourde vasque qui embaumait déjà malgré son bouchon scellé. J’avais remis mes habits usuels, arrachant l’accoutrement du généreux majordome ; et la clochette autour de mon cou tintait avec bienveillance à chacun de mes pas. Je ne craignais pas d’être dérangé : j’avais déjà fais le ménage dans les alentours. D’ailleurs, l’un des servants m’avait aidé à installer ma table de travail avant de rejoindre ses confrères sur le petit tas sanglant derrière la porte.
Je débouchai mon fardeau et laissai délicatement couler le liquide clair sur le sol, s’insinuant dans les rainures, courant petite à petit à travers la pièce. Une odeur forte, entêtante _certains dirait à en vomir_ se répandit. Un de ces parfums que l’on n’oublie pas, qui reste gravé dans la mémoire de ceux qui ont déjà séjourné dans les hôpitaux crasseux des cités. Assez puissante pour faire faillir les plus faibles, à s’emparer entièrement de nos narines pour nous endormir, nous étourdir presque. Ma tête tournait malgré l’habitude et je respirai à plein poumon avec un plaisir frénétique. M’accrochant au mur, j’attrapai d’une main les outils glissés dans mon haut serré, ajustés, comme cousu sur mon corps. Je les posai sur une petite table, les enroulai dans un tissu de velours pour les ranger bien proprement à côté des cordes préparées.
J’ai un sens aigu de la mise en scène ; je prend tout autant de plaisir à préparer mes œuvres qu’à les accomplir. Je mise sur la perfection, sur le moindre détail, pour satisfaire mes idées. Et qu’importe le thème qu’imposait la peur de mon client : je veillais à le satisfaire pleinement. Il m’est d’ailleurs arrivé plusieurs fois que ma victime me tombe dans les bras, morte de peur, avant même que je ne puisse réellement accomplir tous mes plans. Bien sûr, c’est toujours frustrant de ne pouvoir exercer son art jusqu’au bout, mais l’arrêt d’un cœur reste toujours jouissif, même brutalement. Ce sont de ces plaisirs plus fugace, plus violent aussi, qui me flattent et expriment la réussite de mes préparations. Excellent assassin, je l’étais, mais ma maîtrise de la torture était plus grande encore. Le meilleur. Et je n’en étais pas peu fier.

Amener le gros vicieux vers mon petit théâtre ne fut pas aussi difficile que je l’imaginais : il avait presque fait la moitié du chemin de lui-même, me cherchant sans doute pour quelques basses besognes. Je le croisai au détour d’un couloir éteint, et il ne m’avait pas repéré dans le noir profond des lieux. Je m’amusai alors à le suivre, à lui souffler dans sa nuque épaisse mon haleine glaciale ; et il se retournait parfois, paniqué, alerté par des tintements étranges. C’est presque rassuré qu’il me remarqua enfin, adossé contre un mur et éclairé par la lumière blafarde de la lune. Il ne se rendit pas tout de suite compte de mon nouvel accoutrement, du tatouage que je laissais désormais arborer au coin de mon œil gauche.
« Ha ! Te voilà enfin ! Je te cher… »
Sa voix, déjà troublée, s’étouffa. Il recula d’un pas : il avait enfin ouvert les yeux, repéré mon regard aussi luisant que la lame que je tenais. Je lui fis un sourire chaleureux de bienvenue et le regardai s’enfuir en poussant des grognements désespérés. La chasse était ouverte.

Je traînais dans l’un des longs couloirs, écoutant les murmures, le grattement des branches sur les vitres. Mes pas résonnaient et j’appelais d’une voix doucereuse mon gibier, raclant de ma lame les murs de pierre brute. Gémissant à chaque petit bruit, je le trouvai vite, caché pitoyablement sous une table au fond d’une pièce noire. Il avait appelé ses serviteurs, sa garde, son dieu, mais personne n’était venu le trouver. Personne sinon moi : ne suis-je donc pas attentionné ? Je l’attrapai délicatement, sortis calmement de ma poche un mouchoir. Tétanisé, il ne se défendit pas quand je le lui posai sur la bouche.

Fermement attaché sur la table installée au milieu de ma salle aux miroirs, il se réveilla enfin. Il essaya de se redresser, tira avec l’énergie du désespoir ses poignets entravés. Il transpirait à grosse goutte, essayait de me supplier, d’appeler à l’aide par delà le tissu que je lui avais enfoncé dans la gorge. Je lui tapotai enfin la joue d’un air rassurant :
« Allons, allons, un gentil patient endormis ne ferais pas tant de manières. Il serait bien que nous jouions le jeu tous les deux !
Je lui fis un grand sourire malicieux alors qu’il me fixait sans me comprendre. Quand je déroulai sur ma table à un instrument le tissu de velours, sa panique repris le dessus, continuant à se secouer de plus bel.
-Puisque c’est ainsi, il va falloir sévir !
J’attrapai rapidement une lanière de cuir, la tendis, la jugeai du regard, puis commençai à la plaquer contre son front.
-Il ne faudrait pas que vous bougiez trop, n’est-ce pas ? Je ne voudrais pas vous blesser…
J’éclatai de rire à ces dernières paroles, serrant avec une application non dissimulée la lanière. Il était cloué comme un papillon devant moi, misérable. Alors, calmement, je me lavais les mains dans une petite bassine posée à côté ; me couvris la bouche d’un linge immaculé. Et, patiemment, je choisis mes instruments. Je pris un scalpel plutôt grand et effilé, à la lame d’argent.
-Voilà donc notre patient endormis : nous pouvons procéder à l’opération.
Mon pauvre maître gémis, lançant des regards terrifiés vers les miroirs fichés au plafond où il ne perdait pas une miette. Je frémis de joie : quelle sensation se devait être de voir la mort arriver ainsi, après avoir jouis du spectacle de son propre sang, de ses propres viscères. L’instrument glacé lui ouvrit la peau sans résistance, et je peinais à faire une jolie ligne pourpre et droite avec ses soubresauts. Je pris mon temps : je ne voulais pas bâcler, pas qu’il meurt tout de suite. J’attrapai avec attention une pince étrange, continuant de travailler du scalpel de mon autre main.
-Ecartons bien maintenant ! »


PS: NON je ne suis pas une psychopathe... Je peux AUSSI faire des textes mignons et tous roses XD
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sani

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Mer 16 Juil - 22:01

alalala qu'est ce que tu écris bien ... *-*
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Alyciane

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Mer 16 Juil - 22:58

merci... Sad Sad
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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Jeu 17 Juil - 16:24

Coucou !

Sani et Alyciane > Merci beaucoup pour vos remarques, ça fait super plaisir ! (Je peux enfin m'exprimer avec un langage un peu plus évolué sans qu'on me jette la pierre ^^)

Evolvana > Bon, tu sais déjà ce que je pense de tes écrits, hein, même si c'est vrai que les gens sont un peu mesquins de ne pas donner leur avis, surtout que ton travail est d'une grande qualité, tout comme Alyciane dont j'admire le style Very Happy . Mais c'est vrai, je constate moi aussi que les gens considèrent leur travail tellement plus important que celui des autres que pour eux prendre le temps de regarder des dessins ou lire des écrits est un "grand sarifice" auquel ils consentent...Personnellement, je trouve plutôt que c'est un grand cadeau qu'on me fait que de me montrer son travail, d'attendre de ma part un avis, y attacher de l'importance...Je suis toujours très contente de pouvoir le donner (n'est-ce pas Alyciane ? xd) si ça peut aider quelqu'un, et toujours ravie de pouvoir contempler son travail ! Alors sont-ce les gens en général qui sont égoïstes ? Je le crains fort, nous vivons dans un monde extrêmement égocentrique...Bon, je vais pas faire une thèse là-dessus non plus, hein !
Tout ça pour te dire de ne pas te décourager, il y aura toujours des gens fiables et avec de l'expérience qui pourront te conseiller (je pense à Alain, mais il faut avoir le coeur bien accroché Laughing ).

Alyciane > Ne t'inquiète pas pour le nombre de morts, ça ne choque pas tant que ça (moi par exemple, je suis une vraie quiche qui chiale dès qu'il y a un peu trop d'émotion ou de violence, et cette histoire ne m'a absolument pas choquée donc...)
Eh bien, à mon sens,tout ça mériterait vraiment d'être édité, car cela fait très pro je trouve, très écrivain (je ne sais pas si je m'exprime clairement, là), très sophistiqué, c'est vraiment un travail impressionnant : une fois dans l'histoire, on ne peut plus décrocher, on veut connaître ses réactions, la façon dont il va s'y prendre, c'est très hâletant, tu ne nous laisses même pas le temps de respirer, ça fait un peu thriller, mais inside the killer, donc c'est encore plus impressionnant. Et tu laisses tout de même libre court à l'imagination, à la fin, on se représente avec horreur ce qu'il fait (surtout quand on a une imagination détraquée comme la mienne Twisted Evil ).
Donc, encore bravo !

De rien pour le commentaire au fait, ça t'en fait un de plus de 3 km de long maintenant ! Razz

Et rassure-toi, si il y avait un truc qui n'allait pas ou qui ne me plaisait pas, je te le dirais (non, en fait tu me fous la trouille, j'ai peur que tu sois complètement détraquée vu ce que tu écris, alors je te contrarie pas ! xd, peut-être que tu mords pale )
Le seul truc que je peux remarquer, c'est les fautes d'orthographe, (autant dire que ça n'a aucun intérêt) comme par exemple "Allons, allons, un gentil patient endormis ne ferais pas tant de manières" mais c'est rien ça...Et aussi la première phrase, "Il est dit, à l’aube des mondes, tombèrent dans la poussière quatre étoiles" au niveau de la synthaxe, il manque un "que" quelque part, mais là encore ça vaut que dalle, c'est juste une faute de copie...Donc voilà, à part ça je n'ai aucun défaut à te montrer, rien, ton texte est tout simplement superbe, sombre et un peu gore sur les bords mais recherché, agréable à lire, captivant, on fait un voyage dans les tréfonds de l'âme humaine et de ses plus vils désirs, c'est très...instructif ^^

Bon ben, je vais m'arrêter là, hein xd

Bisous !
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Alyciane

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MessageSujet: Re: Les Enfants d'Or III: Chronique d'un Assassin.   Jeu 17 Juil - 23:47

hahaha oui, doit y avoir des tonnes de fautes! J'avoue que je n'y fais pas attention quand j'ecris :p Alors bon ca doit faire peur ^^ Par contre, non non, dans la premiere phrase il n'y a pas de "que". Prend la virgule pour un ":" si tu comprend mieux, bien que je préfère garder en pause une simple virgule. C'est bel et bien un choix (judicieux ou pas, mais c'est pour donner un côté un poil ronflant, théatral, comme dans un texte de prophétie Wink )

Merci bcp pour tes comm (toujours) ^^ C'est très gentil Embarassed Pour la trouille... j'ai deja fais un texte très space avec un héros un poil dérangé. On est quand même venu me voir "mais... c'est toi le heros?" d'un air effrayé... Pourtant, c'etait un homme, et je suis une FEMME!! C'est fou l'amalgame parfois!! XD

A propos de l'egocentrisme. Oui, il y a de cela. Mais il y a aussi autre chose: une certaine lassitude. Ne nous cachons pas, à l'air d'internet et de la communication facile, tout le monde et n'importe qui se prend pour un ecrivain et commence à distribuer ses textes. La plupart sont insipide, avec une histoire aussi accrocheuse qu'un savon... A force de lire pareille nanards, cela fait rapidement peur: "non par pitié, je ne veux plus lire caaaa". Beaucoup de jeunes, notamment, sont persuadés d'avoir ecrit le dernier victor hugo et resteront extremement fermés aux critiques. A noter que c'est souvent des mecs :p Bref, personellement, si je devais lire tout les textes qu'on me passe, j'en aurais pour 100 ans !! XD Par contre, cette accumulation de pseudo-textes permet de reperer assez rapidement un talent (ou un bosseur... l'ecrit c comme le dessin, ça tombe pas du ciel): s'en est que plus contrasté Smile
PS: je dis ça, mais je ne dis pas que je suis differente de ces "pseudo-ecrivain" XD C'est pour ça que j'ai tendance à très peu distribuer mes scribouills.... Ca m'embete de "deranger" les gens avec ça Embarassed
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